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Bourg basé sur le commerce à la fin du XVIIIème siècle, Montréal devient la métropole de l’industrie canadienne. Engendrée par l’invention de la machine à vapeur vers 1811, la révolution industrielle a lieu dans un quartier adjacent au canal Lachine : le Faubourg des Récollets. La construction du canal de 1821 à 1825, la modernisation du port de Montréal de 1830 à 1845, ainsi que l’établissement d’une ligne de chemin de fer Montréal/Lachine ont accéléré son essor. Répondant à une forte demande en matière de construction navale, produits de machinerie et pièces de fonte, les fonderies s’y multiplient.

Les frères Darling s’y établissent en 1880, alors que l’industrie métallurgique est en plein essor dans l’ancien Griffintown. L’implantation de la Fonderie Darling se fait tout d’abord dans un premier bâtiment à l’angle des rues Queen et Ottawa. L’architecte J.R. Gardiner est mandaté pour la construction d’un second bâtiment en 1888 auquel sera ajouté un autre en 1909. Toutefois, lorsque vient le temps de construire la nouvelle fonderie en 1918, la compagnie retient les services de la firme d’ingénieurs T. Pringle & Son. À son apogée, deuxième fonderie des plus importantes de Montréal, la Fonderie Darling est constituée de quatre bâtiments, ayant chacun une affectation technique spécifique; l’entrepôt, la salle de montre, la fonderie et l’assemblage, soit au total plus de 100 000p2 destinés à son activité industrielle.
La Fonderie Darling est donc un symbole de l’histoire industrielle montréalaise, et un témoin important de la qualité patrimoniale des édifices de ce type. Sa structure et ses seuils, munis de tirants de fer, sont en béton. La brique est utilisée pour la paroi latérale et la façade principale. La fonderie est surnommée le « serpent » à cause des conduits d’aération qui émergent du toit.

Jusqu’en 1971, la Fonderie Darling prospère, employant plus de 800 personnes. Elle développe la technique de la fonte de pièces de métal dite « au sable gris », une méthode très ancienne permettant la fonte d’éléments métalliques de machines et de pièces destinées à l’industrie de construction.
Cela consiste à fractionner le modèle en plusieurs parties que l’on moule respectivement en des châssis garnis de sable, lesquels recevront la coulée de métal. Travaillées séparément, les différentes pièces une fois soudées constitueront l’objet voulu.
L’entreprise produit principalement des équipements industriels, des appareils de chauffage, des pompes à vapeur et à eau, des ascenseurs et des marches de tramway. Pendant la première et deuxième guerre mondiale, elle fût réquisitionnée pour la fabrication d’armement.
Cette même année, le complexe est vendu à la compagnie Pumps & Softerner, résultat du déclin de ses affaires lié, entre autres, à la fermeture du Canal Lachine (1970) et qui annonce la fin de la vocation industrielle du Griffintown, aujourd’hui dénommée le Faubourg des Récollets.

L’envergure de la Fonderie Darling démontre l’importance de la métallurgie à l’aube des années 1850. Cette activité a bénéficié du développement industriel et portuaire de Montréal qui devint le centre économique et commercial du Canada à la fin des années 1950 et permit à la ville de s’ouvrir sur le continent nord américain.

En 1991, la Fonderie Darling ferma définitivement ses portes et 10 années d’abandon s’ensuivirent.