Pierrick Sorin
Une vie bien remplie
Commissaires associées : Corinne Bocquet et Caroline Andrieux
16 juin au 28 août 2011
Grande salle

Photo: Guy L'Heureux
Pierrick Sorin s'est fait connaître à la fin des années 80 par ses "auto-filmages", court métrage ou vidéos ayant pour sujet la vie quotidienne. Dans ces saynètes burlesques, sur un mode tragi-comique, Sorin interprète un anti-héros dont l’existence pathétique ne semble être qu’une succession de gestes insignifiants et autocritiques. Par saturation de l’espace visuel de sa propre représentation, il remet en question un système aliénant, centré sur notre propre personne, qui ne laisse que peu de place à la différence, mais aussi l'art qui est un des modes privilégiés de l'apparition de l'être. Dans l’installation principale Une vie bien remplie- une constellation d’images de l’artiste dans des actions journalières («se lève», «se brosse les dents», «se mouche»,…) - envahit la grande halle de la Fonderie Darling, alors qu’en arrière sur le mur de brique, deux gigantesques auto-portraits se fondent l’un à l’autre.
Parmi les différents formats utilisés par l’artiste – installations, sculptures, vidéos, spectacle- l’exposition les présente pratiquement tous: deux courts métrages, Nantes, Projets d’artistes (2000) et C’est bien mignon tout ça (1993); deux théâtres optiques, sorte de sculpture animée d’une projection vidéo, dont le fameux Tourne-disque commandé à l’artiste par Robert Lepage, et l’Aquarium aux danseuses. L’une de ses dernières créations, le spectacle 22h13, dont il est le metteur en scène mais non l’acteur, se présente sous forme d’un montage réalisé à partir des prises de vue du spectacle.
Pierrick Sorin est une figure majeure de la scène artistique française. À son apogée dans les années 80 et 90, il a représenté la France à la Biennale de Venise, a exposé en solo au Centre Georges Pompidou et a été représenté par la Galerie Barbara Gladstone de New York. Ses œuvres faisant écho à la technologie d’une époque, et s’orientant lui même de plus vers le spectacle vivant, son nom a quelque peu été oublié dans le milieu des arts visuels. Pierrick Sorin revient en force ces dernières années avec une grande exposition rétrospective au Lieu Unique à Nantes en 2010, au 104 à Paris, un spectacle 22h13’ en tournée mondiale et une autre rétrospective qui vient d’ouvrir ses portes au Musée d’art moderne de Buenos Aires (MAMBA) en Argentine.
Presse:
Marie-Ève Charron, "Portraits de l'artiste en artiste," Le Devoir 2 juillet 2011.
Tess Edmonston, "Pierrick Sorin: Peep-Art Pioneer," Canadian Art On-line 30 juin 2011.

Photo: Guy L'Heureux

Photo: Guy L'Heureux