Jennifer Stillwell
Particle Shifts
Du 23 mars au 27 mai 2007
Vernissage le jeudi 22 mars de 17h ˆ 21h
Une nouvelle installation de Jennifer Stillwell
Lors de son passage à Montréal en automne 2006, l'artiste de Winnipeg Jennifer Stillwell fut impressionnée par les chantiers de construction de la rue McGill sur le chemin menant à la Fonderie Darling. De nombreux obstacles rendaient l'accès des piétons difficile : se déplacer dans ce désordre ambiant devenait une expérience en soi, rappelant certaines uvres conceptuelles basées sur la participation physique du spectateur.
Inspirée par ce site chaotique, l'artiste présente dans la grande salle de la Fonderie Darling une réflexion sur les notions d'espaces, de temps et d'échelle architecturale. À partir de ces paramètres, elle réalise une uvre composée de gravelle, de petits paniers de plastiques verts et d'une structure métallique. Ces matériaux liés à la production industrielle sont ici transformés, détournés et participent à reconfigurer l'espace d'exposition: leur juxtaposition engendre un contraste visuel entre le caractère brut de la pierre et la souplesse des matières plastiques.
crédit : Guy l'HeureuxChantier : le temps comme composante
Au premier abord, l'installation prend l'apparence d'un chantier de construction, rappelant l'esthétique du Land art, tel un paysage abstrait qui se déploie dans le temps et qui fait corps avec l'espace d'exposition. Stillwell développe une proposition artistique échelonnée sur un long processus. Procédant par essai et tâtonnement, l'artiste organise et fait converser les divers éléments.
La gravelle prend la forme d'un amoncellement, puis de petits monticules, et d'une lisière disposée légèrement en dénivellation. Remplis de cailloux, des paniers superposés et accolés forment des motifs sur le sol et figurent une maquette de tours d'habitation ou une série de composantes informatiques. Pendant plusieurs jours, l'artiste s'est concentrée à disposer la gravelle et à la traiter en procédant par tamisage. Cette organisation rigoureuse évoque un travail à la chaîne, et ainsi fait référence au passé industriel de la Fonderie Darling.
La structure de câbles de métal est laissée lâche, venant contredire sa fonction porteuse propre à son utilisation architecturale. Cette forme molle, captant la lumière, dessine au sol des tracés éphémères.
L'artiste intègre dans ses installations un élément performatif et documentaire par l'enregistrement vidéographique des étapes de production. Deux moniteurs présentent au cours de l'exposition un montage des différentes phases menant à l'élaboration du projet final, une façon de dévoiler et démystifier le geste de l'artiste et des petits moments de l'atmosphère de travail.
Cette uvre à la lecture multiple aborde la salle d'exposition dans ses dimensions spatiales et temporelles en imbriquant paysage brut et architecture. Le visiteur se promène autour d'un chantier organisé où les composantes se complètent et se répondent par les contrastes de leurs qualités matérielles : souplesse et rigidité, pérennité et éphémèrité.
Esther Bourdages
en collaboration avec Fanny FranceschiWinnipeg artist Jennifer Stillwell reflects on the notions of space, time and architectural scale. Things from everyday life are re-contextualized to reflect back on the exhibition space. Through the process of sifting a pile of gravel through produce baskets, she creates miniature landforms and extracts the content for a constructed civilization. The piece works with the scale of the space as it functions so the viewer can consider the relativity of their experience a pile of gravel can be seen as a mountain when you move from one end of the space to the other and visually consider the forms as a whole. Her work also integrates videos that consider the process as both performative and documentary.
L'artiste remercie tous les bénévoles
crédit : Guy l'Heureux